Jeune rapace en détresse… ou pas !

Chevêches d’Athéna juvéniles
© Jean-Pierre Toumazet

Au printemps et à l’été, les nichées de jeunes oiseaux commencent à mettre le nez dehors. Les centres de sauvegarde reçoivent, par conséquent, de plus en plus de ces jeunes animaux dits « orphelins » ou « tombés du nid », et qui sont alors élevés par les soigneurs. Mais, parmi eux, nombreux sont ceux qui auraient pu rester auprès de leurs parents, notamment les jeunes rapaces nocturnes…

En effet, après quelques jours ou semaines, les jeunes chouettes et hiboux nichant dans les cavités se retrouvent vite à l’étroit et sortent du nid bien avant de savoir voler. Pendant plusieurs semaines, ces jeunes restent donc au sol ou sur des branches basses. Loin d’être abandonnés, ils dorment le jour, souvent au pied d’un arbre. La nuit venue, ils émettent des cris qui permettent à leurs parents de les repérer et de les alimenter. Au cours de cette phase d’émancipation indispensable à leur développement, ils apprendront à voler puis à chasser, accompagnés par leurs parents.

Aussi, il est primordial de ne pas les déplacer si ce n’est pour les déposer en hauteur, sur une branche ou un muret, à l’abri des prédateurs et des dangers (routes, chats…) ou de les cacher sous un buisson. Pensez à rentrer vos chiens et chats !

Pas d’inquiétude à avoir, le fait de les toucher n’entraînera pas de rejet des parents. Seule une blessure nécessite un acheminement de l’animal vers un centre de sauvegarde car même avec la meilleure volonté du monde, nous ne saurions faire aussi bien l’élevage de ces jeunes que leurs parents. Au moindre doute, n’hésitez pas à nous contacter.


Jeune Chouette hulotte
© Christine Kritstof Centre régional
de sauvegarde de la faune sauvage

Zoom sur la chouette hulotte

Parce qu’elle apprécie les milieux arborés, la chouette hulotte peut être rencontrée au détour d’une balade en forêt, ou à proximité des villes et villages. Opportuniste, elle adapte son régime alimentaire aux ressources du milieu où elle se trouve.

Les poussins sont couvés par la femelle pendant une quinzaine de jours, le mâle ravitaillant la famille. Ils sont ensuite laissés seuls pendant que les adultes chassent. Les jeunes quittent le nid à 5 à 6 semaines et continuent à quémander bruyamment leur pitance dans les environs du nid. Ils ne deviendront vraiment indépendants que 2 mois et demi environ après avoir quitté le nid.


 Jeune grand-duc d’Europe © Lionel Tassan

Zoom sur le grand-duc d’Europe

Le grand-duc d’Europe est le plus grand rapace nocturne. Il est facilement reconnaissable grâce aux aigrettes situées au-dessus de sa tête. Ses endroits favoris pour nidifier sont à l’abri d’une paroi rocheuse, dans une crevasse entre les roches ou dans une excavation de la falaise. Il peut aussi utiliser des nids abandonnés par d’autres grands oiseaux ou nicher sur le sol entre les rochers, sous les arbres tombés, sous un buisson, ou à la base d’un tronc d’arbre.

Une fois les œufs éclos, les jeunes sont couvés pendant deux semaines. À 3 semaines, ils commencent à manger eux-mêmes et à 5 semaines, ils se promènent autour du nid. C’est à 7 semaines qu’ils sont capables de voler sur quelques mètres. Ils prennent leur indépendance entre septembre et novembre, et quittent le territoire familial, ou sont « poussés » à l’extérieur par les parents.

 

 

 


Les rapaces, qui sont-ils ?

 

La chouette de Tengmalm
niche dans les milieux forestiers © Romain Riols

Avec une vision optimale pour la chasse, un plumage de camouflage, de puissantes serres, un odorat aiguisé et une audition remarquable : qu’ils soient diurnes ou nocturnes, les rapaces nous ont toujours impressionnés par leurs caractéristiques très spécifiques.

De la plus discrète comme l'Effraie des clochers, au plus rapide comme le Faucon pèlerin, saviez-vous que nous vivons juste à côté de ces majestueux oiseaux ?

 

Il est en effet possible de croiser des rapaces tout au long de l’année, car certains sont sédentaires notamment dans la région Auvergne-Rhône-Alpes (l'Aigle royal par exemple). D’autres espèces migrent et on les retrouve alors dès l’arrivée des beaux jours jusqu’à l’automne, période pendant laquelle ils vont se reproduire et élever leurs petits (le Milan noir par exemple).

 

Alors que certains rapaces vont nicher loin des regards des Hommes, en falaise ou en altitude, d’autres moins farouches peuvent être vus dans les villes et villages, à proximité des habitations… voire dans les bâtiments.

Il n’est donc pas rare de croiser certains rapaces dans les églises, dans les granges, et même parfois sur les balcons !


 

Un rapace niche chez moi, que faire ?

 

Faucon crécerelle – Géraldine Le Duc

Un rapace peut avoir choisi d’installer son nid près de chez vous, ou dans votre habitation (grange, jardin, voire balcon).

Quelle chance de pouvoir assister « en direct » à l’évolution de la nichée !

Veillez à ne pas déranger les oiseaux, en évitant les allers-retours fréquents, ou les bruits et gestes brusques. Ils pourront ainsi mener à bien leur nidification jusqu’à l’envol des jeunes.

Profitez-en pour inscrire vos données sur faune-rhone pour faire évoluer la connaissance !

 

Si l’emplacement du nid est gênant (zones de passage, bâti en travaux…), il est important de savoir que selon la loi, la destruction ou l'enlèvement des œufs ou des nids sont interdits pour les espèces intégralement protégées, dont les rapaces font partie. Le déplacement d’un nid et de ses occupants est donc interdit ou nécessite une autorisation officielle.

Si vos travaux ne peuvent attendre, n’hésitez pas à nous contacter pour envisager des solutions afin d’isoler le nid pendant cette période.

Vous trouverez aussi sur cette fiche toutes les informations nécessaires : FICHE CONSEILS

 

Faucon crécerelle © Françoise Ledru

« Un Faucon crécerelle vient nicher dans ma maison »

Il n’est pas rare que les Faucons crécerelles utilisent le bâti pour nicher. Cette espèce ne construit pas de nid et occupe parfois les bâtiments, à condition que de petits rongeurs soient présents dans le périmètre, notamment des campagnols dont elle est friande.

Ainsi, il arrive que des particuliers accueillent dans leurs jardins des nichées de Faucons crécerelles, qui vont principalement utiliser les cavités des maisons pour s’installer.

Les couples se créent à partir du mois de mars, et vous aurez la chance d’observer les parades des mâles !

Après l’accouplement, la ponte se fait à la mi-avril, où la femelle couve 3 à 6 œufs pendant un peu moins d’un mois. Après l’éclosion, les jeunes restent entre 27 et 32 jours au nid, où les parents s’en occuperont jusqu’à l’envol, et encore pendant une trentaine de jours.

Si vous accueillez une nichée de Faucon crécerelle et que les fientes vous dérangent, n’hésitez pas à installer une plaque sous le nid ou à poser une bâche au sol.

 

Faucon pèlerin © Orianne Jouvel

« Des Faucons pèlerins sur un balcon ? »

Le Faucon pèlerin est présent dans notre région jusqu’à 2000 mètres d’altitude.

Les couples s’installent dès les premiers beaux jours de février et s’accouplent environ 2 à 3 semaines avant la ponte. Ils ne construisent pas de nid mais pondent à même le sol sur une vire ou dans un trou. Mais parfois, il arrive qu’ils préfèrent nicher à proximité des habitations… Le cas est déjà arrivé qu’une personne habitant au 9ème étage d’un immeuble trouve un couple de Faucons pèlerins dans sa jardinière ! Bien que rare, ce phénomène peut arriver et dans ce cas, le mot d’ordre est : tranquillité ! La femelle doit se sentir en sécurité pour ne pas quitter son nid, ni pendant l’incubation qui va durer environ 30 jours ni après, pendant l’élevage et le nourrissage des jeunes.

En cas de dérangement, il sera préférable d’attendre la fin de la nidification et l’envol des jeunes, et d’envisager pour l’année suivante l’installation d’un nichoir dans un lieu plus pratique.

Le saviez-vous ? La LPO AuRA délégation Loire a installé depuis 2019 une webcam sur un nichoir artificiel situé au sommet d’une cheminée à Châteauneuf, et une 2ème cette année à St Chamond !
> A suivre en direct <

 

Effraie des clochers © Anthony Maire

« J’accueille une Effraie des clochers dans ma grange »

L’Effraie des clochers est une chouette bien connue pour son cri caractéristique, qui lui a autrefois valu mauvaise réputation. Très reconnaissable par son masque facial blanc en forme de cœur, il n’est pas rare de la croiser dans les vieux bâtiments. En effet, l'effraie est cavernicole (elle recherche une cavité pour faire son nid) qui à l’origine pouvait être un trou dans un vieil arbre ou dans une paroi rocheuse ; mais elle s'est adaptée au bâti humain, et vous pourrez alors la croiser dans les vieilles granges, pour peu que ces dernières n’aient pas été fermées !

L’effraie apprécie ainsi la tranquillité et l’obscurité des granges, où elle pourra nicher dès le mois de mars. Si vous avez la chance de l’accueillir, prenez soin de bien laisser votre bâtiment ouvert pour que l’oiseau puisse se déplacer à sa guise pour la recherche de nourriture et l’élevage des petits, qui quitteront le nid 55 jours après l’éclosion.

Pour en savoir plus sur l’Effraie des clochers et les rapaces nocturnes en général, cliquez > ici <